2025-03_L’UPPA au sein du réseau de spectromètres de masse le plus puissant au monde

L’UPPA au sein du réseau de spectromètres de masse le plus puissant au monde

Le 31 janvier 2025, l’Université de Rouen Normandie inaugurait un spectromètre à 7,5 millions d’euros pour son Institut de chimie analytique et réactivité moléculaire en Normandie (CARMEN), unité mixte de recherche avec le CNRS. Cet institut fait partie du laboratoire commun international Caractérisation moléculaire de matrices complexes (iC2MC), qui réunit également l’Université de Pau et des Pays de l’Adour via une équipe de l’Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l’environnement et les matériaux (IPREM, unité mixte de recherche UPPA/CNRS), ainsi que le National High Magnetic Field Laboratory (“MagLab”) à la Florida State University, et le laboratoire normand de spectrométrie de masse haute résolution de TotalEnergies. 

Équipé d’un aimant supraconducteur de 18 teslas (T), soit environ 1800 fois la puissance du champ magnétique créé par un magnet de réfrigérateur, le spectromètre de masse à résonance cyclotronique ionique et à transformée de Fourier installé à Rouen est le plus puissant d’Europe. Le MagLab de Tallahassee possède quant à lui le FT-ICR-MS* le plus puissant du monde (21 teslas), alors que l’UPPA et TotalEnergies viennent de recevoir leurs « petits frères » d’une puissance de 12 teslas chacun.

Ces instruments à ultra haute résolution du fabricant Bruker, le seul à maîtriser la technologie, mesurent la masse des molécules des mélanges les plus complexes. Ils permettent par exemple de détecter et d’identifier des traces de polluants dans l’eau, dans des échantillons biologiques complexes ou dans des électrolytes de batterie.

L’appareil 18 T va insuffler au laboratoire commun iC2MC une nouvelle dynamique pour ses recherches sur les biocarburants, les batteries et les panneaux solaires. Il va également renforcer la capacité française à répondre à de grands défis sociétaux actuels : le spectromètre est déjà mobilisé sur des problématiques environnementales telles que l’analyse des résidus des mégafeux et leur impact sur l’eau potable, ou encore l’identification des composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS).

Le FT-ICR-MS 12 T de l’UPPA sera quant à lui utilisé plus particulièrement pour l’analyse de mélanges complexes avec des applications dans la recherche de polluants émergents, l’analyse des micro et nanoplastiques et la détection de biomarqueurs métalliques en imagerie.

* En anglais : Fourier Transform (FT) Ion Cyclotron Resonance (ICR) Mass Spectrometry (MS)

Comment fonctionne un FT-ICR-MS ?

Pour comprendre facilement le fonctionnement des FT-ICR-MS du laboratoire commun iC2MC et découvrir pourquoi l’aimant est « tricoté » à la main, téléchargez l’article illustré et la BD “Voyage au centre de l’aimant” (PDF 3,3 Mo), qui seront prochainement publiés dans la revue Ébullition(s).

BD FT-ICR-MS Bruker